Historique

Un peu d’Histoire de Fénétrange…

À l’origine un lieu curieux, château et forteresse en même temps, sans doute un ancien relais d’armées, protégé du monde par quinze kilomètres de champs, lacs et forêts alentour.

Un lieu qui n’évoque pas tant la décentralisation que la concentration de ceux qui le découvrent, visiteurs, public, artistes…

Le pari de ce Festival « Rencontres Culturelles de Fénétrange » était un peu cela en 1978. Pour les artistes, oublier les circuits et les réseaux obligés qui sont le lot des grandes carrières, et trouver ici une respiration, leur permettant de s’exprimer dans la musique qu’ils aiment.

C’est dans le contexte historique de cette cité qu’on nommait Filistenges en 1070, Finstingen dès 1323, et Fenetranges en 1433, non loin du château médiéval de Diane de Dommartin, restauré au 18e par Dominique de Frimont, dans la superbe collégiale gothique Saint-Rémy du 15e , qu’a lieu depuis 37 ans la majeure partie des concerts qui illustrent son passé !

Une idée de rêve !

Au départ la conviction de quelques uns, les fondateurs de l’association, que dans ce lieu chargé d’histoire il ne pouvait plus y avoir uniquement la « mémoire d’un patrimoine », mais qu’il s’agirait bien de revitaliser, de réanimer un « patrimoine de mémoire » : passionnés et bénévoles, ils ont su affronter les forces d’inertie, dans un secteur qui se sentait « oublié par l’industrialisation », à une époque où la création et la diffusion musicales restaient marginales.

Un lieu de prédilection…

Ici, les lieux sont concentrés, château, collégiale, vieilles demeures historiques, île sur la Sarre, comme autant de plateaux artistiques, permettant un véritable forum de rencontres entre public, artistes, et opérateurs culturels.

De l’avis personnel de l’ancien Président de la Philharmonie de Vienne Wilhelm Hübner, venu à trois reprises à Fénétrange, l’acoustique de la collégiale St Rémy est exceptionnelle, et contribue à mettre l’artiste
dans les conditions idéales pour que le concert soit un réel événement, tant pour lui-même que pour le public.

Il y a « Rencontres Culturelles », car les publics et les artistes sont tous d’origine très variée, tant géographique que sociale. C’est également la rencontre entre un patrimoine mobile européen, véhiculé essentiellement
par la musique et la voix, et le patrimoine historique in situ : la dynamique générale de cette action ayant toujours été d’éviter le replis sur soi, mais au contraire de respirer vers l’extérieur, cela lui a permis de rentrer dans les grands réseaux européens, et particulièrement de travailler avec les Itinéraires Culturels du Conseil de l’Europe dès 1988 (notamment les Itinéraires Baroques et les Itinéraires Mozart).

Des invités de marque

Les plus grands artistes ont accepté de se produire ici, car ils ont le sentiment de se resituer, en particulier dans des productions qui procèdent de leurs désirs et sont souvent pour eux, comme pour les festivaliers, inédites.

C’est cela qui diffuse cette image emblématique, cette expérience extrême de décentralisation.

Le Festival a su créer sa carte de visite au fur et à mesure des années et des programmations, et c’est aujourd’hui, rétrospectivement, que l’on peut s’apercevoir du travail accompli, du sens de la création et de la découverte de jeunes talents au départ d’une grande carrière : le Festival de Fénétrange « parie » sur de jeunes artistes depuis trente cinq ans et l’histoire lui   donne raison.

1979 : Création du Festival avec la venue du ténor français Michel Sénéchal accompagné de Jean-Patrice Brosse au clavecin. Récital de Johnny Bowie, premier prix du Festival de musique contemporaine de Los Angeles et pour clôturer la saison, un récital Brahms du trio  Michel Portal (clarinette) –  Frédéric Lodéon (violoncelle) et Pascal Rogé (piano).

1980  : Concert d’ouverture par l’Orchestre Philharmonique de Lorraine avec la participation des chœurs de l’ALAM-Direction Jacques Mercier et venue de l’ensemble de chambre de l’Orchestre Philharmonique de Vienne.

1981 : Premier récital en France de Barbara Hendricks, venue de Michel Portal pour une première « carte blanche » et concert du trio  Frédéric Lodéon au violoncelle – Pascal Rogé au piano et Pierre Amoyal au violon (qui « essayent » le trio de Tchaikovsky avant le fameux enregistrement).

1982 : Venue de l’ensemble de chambre de l’Orchestre Philharmonique de Vienne et  pour la première fois en France, de la soprano wagnérienne Hildegard Behrens. Création mondiale des Wesendonck Lieder de Wagner dans une version pour quintette à cordes, dont l’adaptation de Félix Weingartner a été recherchée à Vienne spécialement pour l’occasion. Interview sur Radio-France, émission télévisée sur FR3, et 20h sur antenne 2.

1983 : récital d’Ileana Cotrubas accompagnée au piano par Theodor Parakivesco.

1984 : récital du baryton José Van Dam, au départ de sa très grande carrière, avant le « Maître de Musique »  et au moment du fameux « Saint François d’Assise » de Messiaen.

1985 : récital de René Jacobs, contre ténor, devenu chef et l’un des fondateurs de l’ensemble Concerto köln, accompagné par Conrad Junghaenel (aujourd’hui directeur de l’ensemble Cantus Köln). Récital de Joseph Rissin, violon.

1986 : première française du Jephta de Haendel, avec la venue du tout nouvel ensemble des « Musiciens du Louvre »(première sortie hors de Paris), et de leur très jeune chef Marc Minkowski avec entre autres les jeunes solistesIsabelle Poulenard (soprano), Gloria Banditelli (mezzo-soprano), Guillemette Laurens (mezzo-soprano), William Kendall (ténor) et Mickaël George (basse). Au clavecin Pierre Hantaï, à la flute Hugo Reyne, premier violon Fabio Biondi,…

1987 : récital d’Anna Gonda, accompagnée par les solistes de l’Orchestre Philharmonique de Vienne. Jacques Merlet anime deux journées d’émission sur France-Culture autour de la restauration des orgues historiques Wegman de la collégiale Saint Rémy avant de la grande vague des réhabilitations dans les églises mosellanes.

1988 : dixième anniversaire du festival. Première venue en France de l’Öster-Ungarische Haydnphilharmonie et de son chef Adam Fisher (aujourd’hui chef régulier du prestigieux festival de Bayreuth…). Première venue de l’Orchestre Concerto Köln et de René Jacobs. Rencontre avec Andreas Staïer qui initie les futurs enregistrements entre ces artistes. Concert sur les ondes de France Musique.

1989 : récital du ténor Chris Merritt, qui vient de triompher à Paris dans le « Guillaume Tell » de Rossini ainsi que récital de Guillemette Laurens et Jean-Luc Etienne.

1990 : récital exceptionnel de Katia Ricciarelli, marathon de 2h30 (avec un record personnel de 11 « bis »), ayant fait date dans l’histoire du festival. Récital Jos van Immerseel.

1991 : pour l’année Mozart, résidence de l’Orchestre Concerto Köln sous la direction de René Jacobs, avec Lena Lootens, Andreas Staier, concert retransmis sur France Musique. Emission de trois heures sur France Musique par Jacques Merlet, « la vie de château à Fénétrange ».

1992 : année Rossini, récital de Cecilia Gasdia, accompagnée sur les pianos ayant appartenu à Rossini, déplacés tout spécialement de la fondation Rossini de Pesaro en Italie, pour l’occasion. Exposition d’objets et d’écrits de Rossini, repas composé sur des recettes du compositeur. Emission de vingt minutes sur FR3 en diffusion nationale.

1993 : hommage à Noureev décédé, avec la venue de l’Orchestre de la Résidence de Vienne.

1994 : premier récital en français du jeune baryton B. Skovhus, pour une année consacrée à Schubert. Premier récital de piano de l’histoire du festival par Michel Dalberto.

1995 :premier récital en France de la divine Barbara Bonney.

1996 : récital et master-class du pianiste Michel Dalberto, et premier récital en France du très jeune baryton D. Henschel.

1997 : récital et master-class de Pierre Amoyal, concert de Noël Lee et d’Elisabeth Vidal.

1998 : 20ème anniversaire du festival : création de la version Schoenberg du « chant de la terre » de Gustav Mahler pour baryton et ténor, avec Bo Skovhus et Robert Gambill.
Rencontre de B. Skovhus et de la soprano S. Isokoski, imaginée pour Fénétrange, pour l’Italienisches Liederbuch de Wolff, concert redonné avec immense succès par la suite, à Edimbourg, Vienne, Helsinski, Barcelone…

1999 : récital du très jeune pianiste français François Frédéric Guy, ainsi que de la soprano Valérie Millot dans « Les Nuits d’Eté » de Berlioz, et « Verklärte Nacht » de Schoenberg pour un festival autour du thème de la nuit.

2000 : cinquième centenaire de la collégiale Saint-Rémy. Six concerts imaginés autour des périodes charnières de 1500 à 2000, donnent au festival une nouvelle dimension en proposant au public, entre autres la pianiste Idil Biret, ou le barytonD.Henschel, et deux créations mondiales, dont la version originale des Kindertotenlieder pour orchestre de chambre et baryton, et une improvisation sur les variations Goldberg  par le très jeune trio de jazz Benjamin Moussay.

2001 : « Mémoires de femmes », rend hommage à Georges Sand, Fanny Mendelssohn, Aloysia Weber, Clara Schumann, et Sarah Bernhardt : l’occasion d’associer aux pianistes N.Goerner, François Frédéric Guy, le chef Antoni Wit,l’ensemble baroque polonais Arte Dei Suonatori (première venue en France), et le quatuor Stanislas.
L’événement c’est aussi la création d’un spectacle sur la vie de Sarah Bernhardt, avec des musiques et une mise en scène de Jean Marie Sénia, des textes de Marc Fabien Bonnard, ainsi que la prestation mémorable de la divine Marie-Christine Barrault.

2002 : autour du thème des « épicuriennes », le festival poursuit son ouverture vers d’autres arts : de la création d’un véritable « jardin d’Epicure », à la programmation de concerts en milieu rural, mettant en valeur de jeunes talents régionaux, la thématique lui permet d’inventer un mariage entre musique et gastronomie. Lynne Dawson, Sandrine Piau, le trio Wanderer, Cappriccio Stravagante, Susan Manoff, Alexandre Tharaud, Laurent Cabasso et la très exceptionnelleJuliette (pour la première fois interprète des textes de Francis Blanche, dans  » le carnaval des animaux de St Saens »), sont quelques uns des quarante artistes invités à cette édition : en fin de soirée, les festivaliers découvrent les talents de grands chefs au cours de dégustation et de repas servis dans le cadre idyllique du château.
En conclusion de cette manifestation, le mosellan Michel Roth, chef des cuisines du Ritz à Paris, ajoute le prestige à cette fête, en organisant avec le lycée hôtelier de Dieuze, un véritable repas gastronomique aux chandelles…

2003 :le 25e anniversaire du festival. Annoncée de façon très originale par la production de « Fénétrange-Belle île », un compact disc single, première expérience d’enregistrement au chant de la comédienne Marie Christine Barrault, la manifestation propose à l’occasion de son 25ème anniversaire un voyage inédit à Venise en mai, juin et septembre. Toujours servie par des interprètes du plus haut niveau international, parmi lesquels on peut citer le pianiste Aldo Ciccolini, les sopranos Veronica Cangemi, Véronique Gens, Milagros Poblador, les ensembles Matheus, Czech Virtuosi, La Venexiana et l’orchestre baroque de Freiburg, la programmation n’oublie pas de faire place à Hélène Schwartz, jeune pianiste régionale de talent, dans le cadre inattendu d’une maison de retraite. Par ailleurs  création mondiale de « La Fondation de Venise, ou le Cauchemar de Dorilla », une pièce de Ginette Herryd’après Goldoni : représenté dans le cadre idyllique des îles sur la Sarre, au pied du château de Fénétrange et en plein air, ce spectacle est également l’occasion d’un magnifique projet pédagogique pour la prestigieuse école de comédie de Saint-Etienne, et son directeur Jean Claude Berruti. Le festival de Fénétrange fait parler de lui à l’extérieur : des interviews sont diffusées sur FIP, France Bleue, Europe 2, Radio Jérico, ainsi qu’au niveau national et à deux reprises, sur France Infos, France Inter et France Musiques. Un reportage au journal France 3, fait également partie de la médiatisation, et pour la seconde fois un partenariat avec le magazine « Télérama », dans le cadre des « événements Télérama ». Enfin la venue de Raphaël Bembaron, chef des cuisines d’Il Baccello à Paris, ancien second de Pierre Gagnaire,  conclut de façon extraordinaire cette fête vénitienne musicale et gastronomique.

2004 : les « ibériques ». Articulées autour d’une programmation large ciblée sur « la péninsule ibérique, ses musiques, ses compositeurs et écrivains » à travers le temps, les Rencontres Culturelles imposent une image d’originalité, de qualité, et de pluridisciplinarité : avec des artistes tels que Nelson Freire, Bernarda Finck, Les Talens lyriques, Emmanuel Rossfelder, mais aussi Cristina Branco, l’Orchestre Imaginaire et Gustavo Beythelmann, le festival s’impose comme l’une des grandes manifestations du genre en France. La recherche et l’ouverture à d’autres types d’arts se poursuit, avec le reportage photographique d’Yvon Meyer à Lisbonne, ou encore l’organisation d’événements culinaires où tapas et gastronomie se côtoient en toute simplicité, où les restaurateurs locaux travaillent aux côtés de Jean-Yves Leuranguer, chef des cuisines du Fouquet’s et meilleur ouvrier de France : cette expérience  autour de Musique et Gastronomie, rendue possible par l’un des meilleurs établissements professionnels lorrains, le lycée hôtelier de Dieuze, donne aussi l’occasion au festival de promouvoir le savoir-faire régional

2005 : les « romantiques ». En juin, le duo Leroy-Moubarak, suivi par  le duo Dumay-Pommier salué sur les plus grandes scènes internationales. En septembre, récital de la soprano Patricia Petibon, dans une très originale prestation autour d’air de la période de la Belle Epoque, celui du pianiste Aldo Ciccolini à l’occasion de son 80ème anniversaire, ainsi qu’une toute première croisière musicale sur le canal des houillères à la recherche des sources du Romantisme, en compagnie du prestigieux Roby Lakatos complètent une programmation riche et variée. Au delà de la venue de grands chefs (Alain Llorca, chef du moulin des Mougins, deux macarons au  guide Michelin, ou encore Bernard Anthony maître affineur de fromages), c’est enfin et toujours autour du romantisme, que la mode et la haute couture sont à l’honneur  (exposition, mise en scène et en lumières dans les rues de la cité médiévale, création de Cléone). Le festival est sélectionné par France Musique pour une émission-reportage dans le cadre de « musiques nomades », qui après une interview d’un bon quart d’heure en direct de Menton, dans le cadre du 80ème anniversaire d’Aldo Ciccolini, place  la manifestation parmi les grands festivals français.

2006 : « états d’âme ». En juin, ce sont les variations et improvisations du duo Jordi et Ferran Savall qui subtilement amenent le public  à traverser divers états d’âmes, l’ensemble la Venexiana dirigé par Claudio Cavina faisant place le lendemain au « dramma per musica », avec la naissance de l’opéra en Italie (Peri et Monteverdi). En septembre, c’est autour du « Spleen » de Charles Baudelaire, joué par Alexandre Tharaud au piano et dit par le comédien Didier Sandre, que débute ce dernier week-end : une création pas si convenue du festival de Fénétrange… Le lendemain, récital associant la soprano française Annick Massis et l’Orchestre National de Lorraine dirigé parClaude Schnitzler pour sa toute première « Shéhérazade ». Le festival clôture sa saison à la Petite Pierre ,  autour d’improvisations sur les musiques de chambre du monde par l’ensemble Paris-Istanbul-Shangaï quartet. C’est en fin d’après-midi  qu’est créé « l’âme de Sarah Bernhardt », sous chapiteau de cirque, un spectacle dans lequelSylvia Bergé de la Comédie Française incarne la tragédienne avec la réplique de François Marthouret : un spectacle total pour lequel le festival a également passé commande de la musique (Jean-Marie Sénia) et des textes (Marc-Fabien Bonnard). Un week-end particulièrement riche en musique et en gastronomie (avec Christian Sinicropi – La Palme d’or – Cannes – deux macarons Michelin et Christine Ferber – pâtissière – meilleure ouvrier de France), mais également en créations (3 sur 4 concerts, ce qui est un effort considérable pour une manifestation en milieu rural)

2007 : « danses ». C’est autour de Vivaldi et d’Haendel, avec un programme d’œuvres  musicales et instrumentales, que démarre le festival, en compagnie du Concerto Italiano de Rinaldo Alessandrini et de la merveilleuse voix de contralto de Sara Mingardo. A l’issue du concert, les spectateurs partagent un moment de convivialité avec des professeurs de l’école des Beaux Arts de Metz, Agnès Gorchkoff, Franck Girard et Jean-François Chevalier, autour d’une exposition d’œuvres originales sur le thème de … la danse, qui permet une fois de plus à la manifestation de revendiquer son appellation « rencontres culturelles ». En fin de soirée la désormais traditionnelle dégustation de vins, convie à un voyage en Italie en compagnie du sommelierMatthieu Ring.
Le dimanche 24 juin, en la collégiale de St Rémy et en conclusion d’une première et très originale marche gourmande, c’est au tango de Gustavo Beytelmann que les spectateurs sont conviés : autour d’une création sur le thème  » le tango a cent ans », et d’une rencontre avec la flûtiste internationale Juliette Hurel, le festival fait preuve d’inventivité et confie l’excellence au maître incontesté de ce répertoire, professeur émérite qui fit ses débuts comme pianiste d’Astor Piazzolla.
Cette marche à la découverte du patrimoine historique de Fénétrange, est aussi l’occasion de goûter aux charmes de la gastronomie et des vins d’Argentine, rigoureusement sélectionnés et confiés à une vraie spécialiste, Anne Marie Laumond… Le 14 août deux spectacles autour des « danses du monde », organisés en coproduction avec le festival de Jazz à la Petite Pierre, et en partenariat avec le Parc Naturel Régional des Vosges du Nord. Samedi 1er septembre, échanges autour des suites pour violoncelle de Jean Sébastian Bach, entre la danseuse et chorégraphe Carolyn Carlson, et le violoncelle Alexandre Kniazev. Vendredi 8 septembre, autour de « danse et musique sacrée », magnifique prestation du Parlement de Musique deMarin Gester.
L’occasion de découvrir la fameuse messe de Dénoyé pour la cathédrale de Strasbourg et dont c’est la première publique par un ensemble de professionnel, avant son enregistrement fin 2007. En fin de soirée, c’est autour de la gastronomie au temps de Louis XIV, proposée par Daniel Trichies, professeur de cuisine au Lycée Hôtelier de Dieuze, que les participants découvrent la verrière de l’ancien relais des postes de Fénétrange, récemment réhabilitée. Vendredi 14 septembre, récital inédit de la soprano française Mireille Delunsch, autour de la valse de Monteverdi à nos jours, suivi d’un repas….viennois à l’Ecluse 16 : une soirée de dépaysement, avec une artiste qui fait la une en 2007, triomphant notamment à Bastille, dans « Louise », opéra du lorrain Gustave Charpentier. Samedi 15 septembre, récital mémorable du pianiste Nicholas Angelich, devant une Collégiale comble, autour des « valses nobles » et sentimentales de Maurice Ravel, qui précède le traditionnel dîner gastronomique organisé par le lycée Hôtelier de Dieuze, et par le médiatique chef du Fouquet’s, Jean Yves Leuranguer. Dimanche 16 septembre, dernière création du festival avec « danse, danse et transe », l’occasion pour la manifestation d’intégrer des artistes régionaux et de leur donner carte blanche (Compagnie la Carriole et orchestre imaginaire de moselle-musiques de Fabrice Kastel).

2008 : « Les rencontres de Fénétrange », trentième anniversaire
Toujours programmé dans cette même optique qui fait son succès, autour de « musique et gastronomie », le festival 2007 rend hommage aux « anciens », ceux qui ont marqué l’histoire par leur passage, ou leur participation, et organise de belles « rencontres », entre des artistes qui n’ont pas forcément eu l’occasion de se produire ensemble par le passé, ou d’interpréter certaines œuvres  du répertoire ensemble…
Août : l’ouverture du festival s’organise à La Petite Pierre entre deux géants du Jazz, Michel Portal (qui fut l’invité de la première édition du festival en 1979) et Richard Galliano.
Le 5 septembre, magnifique récital de la mezzo-soprano Vivica Genaux et de l’ensemble baroque « Concerto Köln » (qui participa en 1988 au dixième anniversaire du festival et y développa avec le pianiste Andréas Staïer, une prestation décisive pour le développement futur de sa carrière internationale), qui montre que le festival toucha autrefois, avant la « mode baroque », à l’excellence et à l’avant-gardisme dans ce répertoire.
Un menu « baroque » est proposé au restaurant de l’écluse 16, préparé avec soin et originalité par le chef Jean Yves Leroux.
Le 6 septembre, première « Schubertiades » de l’histoire du festival, en référence à l’année 1994, consacrée à Schubert. Retour de Michel Dalberto, qui donna le premier récital de piano de l’histoire du festival.
Quatre concerts de durée réduite sont organisés et entrecoupés par des dégustations, en compagnie du jeune quatuor « Orféo » et du baryton Stefan Genz .
Les dégustations gastronomiques sont réalisées sous la forme d’un repas complètement original, mêlant des créations deJean-Yves Leroux et de Christine Ferber, meilleure pâtissière de France.
Le 11 septembre, toujours à l’écoute des jeunes talents de la région, et sensible à favoriser leur épanouissement, le festival propose une nouvelle prestation dans des conditions professionnelles à trois jeunes artistes de moins de quinze ans :Jonathan Fournel au piano et Claire et Elise Amblard aux violons .
Le 12 septembre, coproduction avec la « route des orgues de Moselle » et  retour de Frédéric Lodéon (qui participa à la première édition en 1979 avec Michel Portal) : le festival organise une première et originale confrontation entre la septième symphonie de Beethoven avec l’Orchestre National de Lorraine, et une version improvisée par Thierry Eschaich à l’orgue Wegmann, classé en 1987 sous l’impulsion du festival et du producteur de radio-france, Jacques Merlet. En complément de ce programme audacieux, la jeune pianiste Cécile Steffanus donne le 4ème Concerto pour piano de Beethoven.
Le 13 septembre, c’est le grand maître Aldo Ciccolini, pianiste de 83 ans, ami du festival, qui donne quatre sonates de Beethoven, et conclut devant un standing ovation , ce magnifique trentième anniversaire.
En fin de soirée, très original dîner champêtre et gastronomique, imaginé par … Frédéric Lodéon, et préparé en collaboration avec les professeurs de cuisine du lycée hôtelier de Dieuze.
2008 c’est aussi le festival au Sénat :
Logique dans sa volonté de développement, le festival décide dès le mois de mai 2008 de communiquer par l’intermédiaire de la presse nationale: organisé dans le cadre du salon Bonaparte au sénat, un déjeuner de presse permet au président de présenter la manifestation, son histoire et sa programmation 2008.
Au delà des articles de la presse locale, des collaborations avec France Bleue, radio Jerico, le festival est médiatisé par la « tribune », mais également par deux émissions à France Culture (Yvan Amar), France Inter (Frédéric Lodéon et Philippe Bertrand) et France Musique (notamment Philippe Couderc).

2009 : « Le clavier dans tous ses états »
Un festival nouveau, qui se (ré) invente une vocation… écologique, labellisé par le Parc Naturel et Régional de Lorraine.
Août : Avec le concert tout en magie du grand Ahmad Jamal, le Festival de Fénétrange réitère sa collaboration avec le Festival de Jazz de la Petite Pierre cette année.
Samedi 19 et dimanche 20 septembre, le festival lance les nouvelles « journées du patrimoine » en y intégrant le patrimoine écologique.
Le samedi 19 septembre, en collaboration avec différentes associations et organismes locaux, le festival propose une balade commentée du site classé « Natura 2000 » en barques. Balade parsemée ça et là de concerts sur l’eau en compagnie de Mélanie Brégant à l’accordéon et Jean Boucault et Johnny Rasse, imitateurs de chants d’oiseaux.  L’écluse 12 accueille un public curieux  et charmé par l’univers atypique de Thomas Bloch et ses ondes Martenot. Après la signature de la convention « Parc 35 ans, 35 projets » dans la cour du château, a lieu la « Nuit des Chauves-Souris » à l’initiative duConservatoire des Sites Lorrains et de l’Office de Tourisme de Fénétrange.
Le dimanche 20 septembre, le public découvre les ancêtres de nos claviers en compagnie d’Aline Zylberajch au clavecin et au pianoforte et de Mireille Schmitt aux orgues classés Wegmann de 1841 ainsi que l’apiculture et la mycologie de nos forêts sur l’Ile de la Sarre avec Frédérique Kuhn, Christian Walker et Martin Bertschy.
Pour clôturer cette journée, la Collégiale accueille Jean-François Zygel (« la leçon de musique »), Joël Grare et Thomas Bloch pour un concert fou de claviers. En prime, la première mondiale, pour un clavier de cloches de vache de Chamonix !
Samedi 26 septembre, dans la continuité de la magnifique Schubertiades de 2008, le festival organise une série de trois concerts, en conviant de jeunes instrumentistes français à la carrière passionnante : un programme qui n’oublie pas un clin d’œil  à « l’année Haydn » avec Jean Frédéric Neuburger au piano et le Quatuor Modigliani : Philippe Bernhard  et Loïc Rio aux violons, Laurent Marfaing à l’alto et François Kieffer au violoncelle.
Les concerts sont entrecoupés par des dégustations de l’entrée au dessert, crées par Daniel Trichies, professeur de cuisine au Lycée Hôtelier de Dieuze.
Le vendredi 2 octobre, organisé en ouverture de la première biennale départementale de musique romantique « En terre Romantique », en coproduction avec « Moselle Arts Vivants »,  et à l’initiative de la fondation Bru depuis son magnifque Palazzetto Bru Zane de Venise, le festival fait redécouvrir ce répertoire du 19ème siècle avec Claire Debono, soprano,Alain Planès au pianoforte et l’Ensemble Concerto Köln dirigé par Andreas Spering.
Samedi 3 octobre, récital Aldo Ciccolini au piano.
A l’issu du concert, dîner gastronomique, imaginé par Didier Aniès, chef des cuisines du Grand Hôtel du Cap Ferrat (meilleur ouvrier de France, un macaron Michelin), Luc Debove (meilleur ouvrier de France glaces et sorbets)  en collaboration avec le lycée Hôtelier de Dieuze.
Un hommage tout particulier est rendu à Hildegard Behrens, soprano, décédée en 2009 avec la diffusion publique des enregistrements d’archives réalisés au Festival en 1982 et 1988 et la projection de photographies de Gérard Rondeau.

2010 : « Les Elémentaires »
C’est résolument autour de l’eau, la terre, l’air et le feu que s’oriente  l’édition 2010 du Festival de Musique, avec des musiques intemporelles, véritables hymnes à la nature inspirées par les quatre éléments.
Août : un Festival qui débute par un concert de fanfare de mariage et d’enterrements, en partenariat avec le Festival de Jazz de la Petite Pierre, donné par le roi de la musique tsigane, Goran Bregovic.
Samedi 11 septembre : Nemanja Radulovic violon et  Laure Favre-Kahn,  commentaires de Frédéric Lodéon.
Un premier entracte laisse place au vernissage des expositions d’Arts Plastiques avec Eve Pascale, vitrailliste et trois plasticiens de la Région.
Le samedi 18 septembre, premier rendez-vous des journées du patrimoine en collaboration avec le Parc Animalier de Sainte-Croix, dans le cadre du trentième anniversaire du Parc. Après une balade au cœur  du parc en compagnie des inimitables chanteurs d’oiseaux, Johnny Rasse et Jean Boucault, ainsi que du très inventif guitariste Pascal Masselon, c’est à une véritable création du Festival, autour du « Petit Prince » de Saint Exupéry, que le public est convié, en présence du pianiste Jean-François Zygel  (piano/fender/celesta) et du comédien, Didier Sandre.
Un spectacle clôturé par un barbecue gastronomique crée par le Lycée Hôtelier de Dieuze.
Le dimanche 19 septembre, le « Festival des Petits et des Grands ».  Une journée dédiée à la famille qui débute par un concert au clavecin de la très didactique Aline Zylberajch où il est question de nature.
Jeudi 30 septembre et vendredi 1er octobre, master class Aldo Ciccolini, avec Jonathan Fournel, Victor Metral, David Nguyen, Yvan Donchev .
Samedi 2 octobre, un nouveau rendez-vous d’exception avec Aldo Ciccolini, ami fidèle du festival.
A l’issue du concert, au château de Fénétrange, dîner gastronomique imaginé par Jean Yves Leuranguer, chef des cuisines du Fouquet’s, en collaboration avec le Lycée Hôtelier de Dieuze.
Vendredi 8 octobre, en association avec l’Orchestre National de Lorraine, sous la direction d’Eric Lederhandler, le Festival nous fait découvrir  Ester Yoo, jeune violoniste de 16 ans.

2011 : Les Elémentaires – Acte II
Second volet d’une trilogie consacrée aux « élémentaires », les trente-troisièmes rencontres culturelles de Fénétrange poursuivent fidèlement  le parcours entrepris en 2010 autour des musiques inspirées par les quatre éléments.
Dimanche 07 août,le trio du pianiste Jacky Terrasson nous mène dans l’univers très créatif de l’improvisation, dans la plus pure tradition des grands du jazz.
Vendredi 12 août, c’est en compagnie du Cuban Ensemble que l’immense saxophoniste David Murray revisite la musique de Nat King Cole.
Samedi 10 septembre : Grande soirée d’ouverture avec un programme original (Chausson / poème de l’amour et de la mer, Respighi / Il Tramonto )qui permet de découvrir le talent exceptionnel de la jeune mezzo  française Marie Lenormand, en compagnie de l’orchestre national de Lorraine dirigé par Jacques Mercier.
Samedi 17 septembre, Interprétation des  « quatre saisons » de Vivaldi par l’orchestre baroque de Venise en compagnie de l’immense Giuliano Carmignola.
Vendredi 30 septembre, concert de piano à quatre mains avec le maître Aldo Ciccolini et son élève Ivan Donchev.
Samedi 1er octobre, concertos Mozart et Schumann par Aldo Ciccolini, sous la direction d’Eric Lederhandler.
Dimanche 02 octobre, en première partie de concert, Mathieu Steffanus, clarinette (concerto de Mozart) puis en seconde partie et pour une première au festival, Pierre et le Loup de Prokofiev par  Irène Jacob.
Dimanche 23 octobre, inédit au festival : concert avec le  Quatuor Nuove Musiche au lever du soleil au cœur de l’héliodôme, une maison qui vit au rythme du soleil.
Côté culinaire : le jeune chef Loïc Villemin –restaurant le Toya-Faulquemont-un macaron Michelin, Ernest Mathis –Sarrebourg-un macaron Michelin, sont mis à l’honneur.

2012 : Les Elémentaires – Acte III
Dernier tableau du triptyque inspiré par les quatre éléments, le festival se déroule du 05 août au 23 septembre 2012. La programmation permet au public de voyager à travers le temps depuis le moyen âge jusqu’au vingt et unième siècle…notons pour mémoire le concert de l’Orchestre National de Lorraine dirigé par Jacques Mercier avec en solistes la soprano  Mireille Delunsch 5Strauss/Quatre derniers Lieder) et le pianiste Jonathan Fournel, ou encore la création d’un spectacle sur la vie et l’œuvre de sainte abbesse rhénane Hildegard von Bingen (incarnée pour l’occasion par la comédienne Marie-Christine Barrault).
Le festival 2012 c’est encore un concert du prestigieux ensemble Italien Il Giardino Armonico dirigé parGiovanni Antonini, un récital de piano avec le maître Aldo Ciccolini, ou encore un concert réunissant le quatuor Modigliani, le pianiste Philippe Bianconi et le violon solo de la philharmonie de Berlin, Daishin Kashimoto. A noter également deux concerts en coproduction avec le festival de Jazz de la Petite Pierre, Youn Sun Nah quartet et d’Anouar BRAHEM quartet.
Toutes ces soirées riches en musique sont, comme la tradition le veut depuis dix ans, suivies d’opérations gastronomiques, en compagnie de Michel Roth – Ritz – meileur ouvrier de France et Boccuse d’or.
Ainsi le festival poursuit son action équilibrée entre ouverture régionale et rayonnement international : il se positionne comme manifestation vitrine de la région, dans son domaine d’activité.
Il promeut notamment l’émergence d’une infrastructure culturelle au sein du château de Fénétrange et d’une très étonnante « salle de concert » dans l’ancienne cour d’honneur, sous couverture d’une verrière contemporaine.
Ce projet est à l’étude, sous le parrainage d’Aldo Ciccolini.

2013 : Italies – Acte I

2014 : Italies – Acte II

2015 : Italies – Acte III