
Au cœur de la cité médiévale de Fénétrange, au sein de l’Espace culturel Hervé Malblanc, fondateur du festival décédé en 2026 et qui voyait dans ce projet un outil de transmission pour les jeunes artistes, l’Auditorium Aldo Ciccolini occupe désormais l’aile Renaissance du château.
Créé en 1978, le Festival de Fénétrange s’est en effet construit sur un pari : faire venir des interprètes internationaux dans une cité de quelques centaines d’habitants. Les festivaliers se souviennent qu’Aldo Ciccolini y est revenu chaque automne, durant les dix dernières années de sa vie. C’est avec lui qu’a été pensé le projet d’un auditorium dédié au son, sans amplification.
Inauguré en 2025, grâce au soutien des fonds européens FEADER et de plusieurs partenaires publics et privés dans le cadre du soutien à la culture en milieu rural, il a été remarqué jusqu’à l’Élysée, pour sa conception originale et son montage financier. L’auditorium bénéficie d’une acoustique raffinée, dirigée par Klinger-Favre. Celle-ci repose sur un système modulable, qui permet une adaptation de l’espace disponible sur scène et du temps de réverbération, afin de proposer concerts acoustiques et enregistrements, dans des conditions optimales.
Les travaux d’aménagement ont été réalisés par les élèves des classes de menuiserie du lycée professionnel Labroise de Sarrebourg pour une partie des dispositifs, alors que l’identité visuelle est signée par le plasticien Daniel Gerhardt.
L’auditorium Aldo Ciccolini de Fénétrange mène désormais une politique d’accueil d’instruments alliant restauration, valorisation patrimoniale et diversité sonore.
Ainsi, un piano de concert Blüthner (2,80m et datant de 1986) a t’il intégré l’auditorium via un partenariat avec Jean-François Tisler, mécène du festival.
Entièrement révisé, cet instrument a été choisi pour son timbre feutré et sa richesse harmonique, caractéristique des Blüthner, marquant une différence avec les standards généralement rencontrés sur les scènes internationales.
Il est désormais utilisé pour les concerts et enregistrements au sein de l’auditorium.
Ce premier instrument s’inscrit dans une collaboration plus large avec Marion Lainé, restauratrice de pianos anciens.
Formée auprès de Sylvie Fouanon (maître d’art, lauréate nationale des Ateliers d’Art de France, labellisée Luthiers & Facteurs de France), Marion Lainé, titulaire de plusieurs prix internationaux, intervient sur des instruments rares de valeur historique et artistique, destinés aux scènes du monde entier.
Ces partenariats permettent de présenter au sein de l’auditorium, des pianos restaurés et de les mettre à disposition des pianistes invités pour leurs projets artistiques.
Ainsi, un piano Érard de 1903 (modèle Zéro, 1,80m) intègre également la programmation. Il conserve ses caractéristiques d’origine : cadre en fonte ajourée, cordes croisées, mécanique à double échappement Érard, 88 touches, clavier en ébène et ivoire d’origine, ébénisterie en acajou du Honduras et citronnier de style Adams.
La restauration datant de 2024, a porté sur la mécanique et les éléments structurels : conservation du clavier en ivoire, remplacement des cordes et chevilles, reprise et revernissage à la gomme-laque
de la table d’harmonie, regarnissage des étouffoirs, marteaux et mécanique, restauration de l’ébénisterie et réglage complet pour permettre un usage régulier en contexte de concert.
L’auditorium associe ainsi accueil de pianos de différentes époques, restauration spécialisée et mise à disposition des instruments, dans une logique artistique originale et de qualité optimale.
L’objectif est désormais d’y développer une programmation annuelle, tout en réalisant des enregistrements notamment au bénéfice de jeunes artistes.
